
195 L’éducation en Suisse | rapport 2010 Hautes écoles universitaires Efficacité (Di Pietro et Urwin 2006, p. ex.). La proportion de diplômés occupant un poste correspondant à leur formation n’a pas fondamentalement changé ces dernières années (OFS 2007c), ce qui tend à démontrer que l’expansion de la formation tertiaire et le besoin accru de personnel académique qualifié évo- luent en parallèle et que le système des hautes écoles suisses et le marché du travail semblent bien accordés. Barth et Lucifora (2006) arrivent à la même conclusion pour douze pays membres de l’Union européenne. Classement des hautes écoles Depuis quelques années, le classement des hautes écoles éveille de plus en plus l’attention des médias et des milieux politiques. Les universités elles- mêmes le citent fréquemment pour étayer leurs déclarations concernant la qualité de leur établissement. La définition de la qualité, les critères de me- sures de celles-ci et leur pondération, la procédure de mesure en soi et la re- présentation des résultats sont autant d’éléments clés du classement d’une haute école. Or ce classement peut varier radicalement selon la méthode choisie. Le fait d’utiliser un indicateur qualitatif comme le nombre de prix Nobel attribués aux anciens élèves, comme c’est le cas pour le classement de Shanghai, ne peut en effet pas donner les mêmes résultats qu’un classement fondé sur le taux d’encadrement, comme c’est le cas pour celui du Times Higher Education Supplement Ranking (THES). Il en va de même pour une pondération de l’output de recherche de 40% (classement de Shanghai) ou de 20% (classement du THES).10 En règle générale, les universités fortement axées sur les sciences naturelles obtiennent un rang plus élevé, car le classe- ment de Shanghai, par exemple, ne se fonde pratiquement que sur des indi- cateurs de recherche se rapportant à ce domaine. Même si ce classement est destiné en premier lieu à mesurer la qualité de la recherche, la littérature actuelle en matière de recherche permet de faire un parallèle entre la qualité de la recherche et la qualité de l’enseignement. Et si la structure des divers systèmes de classement n’est pas à proprement parler conçue pour évaluer la qualité relative d’une haute école, elle peut li- vrer des données intéressantes sur l’efficacité relative du système de hautes écoles de certains pays. La plupart des universités très bien placées dans des deux classements les plus connus (cf. ci-contre) se trouvent aux Etats-Unis.11 En revanche, si l’on se fonde, comme Aghion (2007), sur la proportion d’étudiants d’un pays donné inscrits dans une haute école de haut niveau, la Suisse est dans le haut du panier. Plus de 70% des étudiants suisses fréquentent en effet une haute école figurant dans le top 200 du classement de Shanghai, alors que cette proportion n’est que de 20% aux Etats-Unis ( figure 143).12 Il convient de noter que ce pourcentage pourrait être plus élevé si l’on ne tenait compte que des universités généralistes.13 Le système des hautes écoles suisses est donc 10 Pour tout savoir sur le classement des HEU: www.universityrankings.ch. 11 La moitié des 200 meilleures universités du classement de Shanghai se trouvent aux Etats-Unis. 12 Dans le Times Higher Education Supplement Ranking, la Suisse arrive en troisième po- sition, juste derrière l’Australie et le Royaume-Uni. Le fait que la réputation que mesure ce classement favorise les universités anglo-saxonnes y est peut-être pour quelque chose. 13 Les universités spécialisées comme celles de Saint-Gall, de Lugano et de Lucerne ne visent pas une place parmi les premiers des deux classements. Classements: critères et pondération Classement de Shanghai (université de Jiao Tong) – Anciens étudiants lauréats du prix Nobel (10%) – Chercheurs lauréats du prix Nobel (20%) – Chercheurs souvent cités (20%) – Articles publiés dans Nature et Science 2003–2007 (20%) – Articles répertoriés dans les index SCI et SSCI 2007 (20%) – Total des points des indicateurs divisé par les effectifs du personnel scienti- fique (20%) Times Higher Education Supplement Ranking (THES) – Peer Review: évaluation par des chercheurs de réputation internationale (40%) – Appréciation d’employeurs mondiaux (10%) – Taux de citation individuel (20%) – Taux d’encadrement (20%) – Nombre d’étrangers dans le personnel universitaire et dans l’ensemble des étudiants (10%)